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Eugène à Napoléon, Milan le 28 février 1809
" Sire, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que le général Charpentier s'occupe en ce moment de tous les dépôts de l'armée d'Italie. J'aurai l'honneur de lui en adresser, sous peu de jours, le résultat. J'enverrai ensuite le général Charpentier passer la revue de la division Barbou, dont je reçois, cependant, chaque jour des nouvelles satisfaisantes. Je vais moi-même passer la revue de la division Grenier, qui est à Mantoue et à Pozola. Les nouvelles que je reçois de Vienne et de Trieste et de la frontière d'Isonzo me paraissent tellement décisives, que j'ai cru devoir prendre de suite les mesures suivantes :
" 1 ° J'ai ordonné l'armement de toutes les places du royaume en pressant particulièrement pour Palmanova, Osopo, Venise, Porto-Legnago, le château de Vérone et la Rocca d'Anfo;
" 2° Les approvisionnements d'Osopo et de Palma sont sans doute en ce moment complétés, et j'envoie un officier pour les reconnaître;
" 3° J'ai ordonné, dans le Frioul, un approvisionnement extraordinaire d'un million de rations de biscuit, y compris 350 000 rations appartenant à l'armée française, 500 000 rations d'eau-de-vie, et 50 000 boisseaux d'avoine;
" 4°J'ai ordonné que les magasins des fournisseurs de l'armée soient portés au complet de trois mois de vivres entre l'Adige et l'Isonzo, ce qui fera pour six semaines pour toute l'armée;
" 5° Le 15 mars, les divisions Broussier et Seras auront réoccupé leurs camps. Le 20 mars, la division Barbou occupera Trévise et Bassano; la division Grenier, Vicence et Vérone; la division italienne sera campée à Montechiaro. Je laisse la 4e à Bologne, ainsi que la cavalerie, qui se portera rapidement où les circonstances l'exigeront..
" Je prie Votre Majesté de vouloir bien m'envoyer les généraux que je lui ai demandés, et de faire mettre à ma disposition, par le ministre de la guerre, le 112e qui est en Toscane, la compagnie des sapeurs qui est à Livourne, Alexandrie, la Spezzia, ainsi que les divisions d'équipages militaires à Plaisance.
" Bien entendu que je n'en ferai usage qu'en cas d'urgence. "