
Eugène à Napoléon,
Milan le 6 mars 1809
" Sire, j'ai reçu les différentes lettres dont Votre Majesté m'a honoré, au
1er mars, et j'y répondrai successivement en détail.
" Votre Majesté désire savoir si les cadres du 3e bataillon sont arrivés de
Corfou. Ces cadres ne sont point encore arrivés, et je n'ai aucun avis de
leur marche. Je n'ai également aucun avis des frégates et des bricks auxquels
Votre Majesté a ordonné de se rendre de Corfou à Ancône. Les communications
sont très difficiles avec cette île. Plusieurs avisos sont partis, il y a
quelque temps, pour y porter des effets pour qui les régiments qui y sont
en garnison, et des effets d'hôpitaux pour l'ordonnateur; je n'ai pas eu de
nouvelles de ces avisos. La frégate la Corona pourra être prête dans les premiers
jours d'avril. Votre Majesté m'ordonne de compléter
ses vélites et ses dragons de la garde. J'ai l'honneur de faire observer à
Votre Majesté que le grand complet des vélites doit être de 1200 hommes, et
qu'ils sont, en ce moment, à 1680 hommes, c'est-à-dire 480 au-dessus du grand
complet. II est même difficile d'obtenir plus, d'après les conditions à remplir.
Quant aux dragons de la garde, ifs sont complets à quelques hommes près, et
la cavalerie italienne ne peut fournir aucun homme pour le moment. Les régiments
sont hors du royaume, et il n'y a que des conscrits aux dépôts. Votre
Majesté me demande si j'ai établi un chiffre avec le général Marmont. J'ai
eu l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que j'avais renouvelé ce chiffre
aussitôt ses ordres reçus, et Votre Majesté a pu s'en convaincre, puisque
je lui ai adressé les lettres en chiffres du général Marmont, en y joignant
les traductions."