14/01/1805 : Lettre de Paris, au maréchal Berthier
Mon Cousin, donnez l'ordre à six escadrons de cavalerie de ma Garde de partir, mercredi 26, sous les ordres du colonel-
général Beauharnais, pour se rendre à Lyon...
Vous donnerez également ordre à quatre compagnies du premier bataillon des grenadiers à pied, à quatre compagnies du
second, à quatre compagnies des deux bataillons de chasseurs à pied (ces seize compagnies complétées par des vélites
à 100 hommes chacune) , et au bataillon de grenadiers de la garde du Président de la République italienne, de partir
également, sous les ordres du général Soulès, jeudi, pour se rendre à Lyon, où ils recevront de nouveaux ordres.
Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l'aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org


25/01/1805 : Lettre de Paris, au maréchal Berthier
Mon Cousin, mon intention est que le maréchal Jourdan réunisse à Vérone ...
Donnez ordre à la compagnie d'artillerie légère italienne, qui est en France, de retourner en Italie.
Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l'aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

30/01/1805 : Lettre de Paris, à M Cambacérès
Mon Cousin, je vous envoie le statut organique de la République italienne. Le décret de Lyon est son premier acte
constitutionnel, comme la constitution de l'an VIII l'est pour nous. Ce statut en contient les modifications. J'ai dicté
différentes autres observations sur chaque titre, à mettre dans la nouvelle rédaction. Vous lirez aussi les observations de
M. Melzi et de la Consulte, et vous verrez s'il y en a qui méritent considération.
Quand vous aurez pris connaissance de toutes ces pièces, vous pourrez en causer avec moi. Lisez bien la constitution
de Lyon, pour voir les articles dont la suppression serait nécessaire, et ajoutez les observations que votre expérience
vous suggérera. Le premier titre est L'Autorité royale, déjà rédigé dans mon portefeuille. Je désire que vous puissiez me
remettre cela bien en règle pour dimanche prochain.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l'aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

31/01/1805 Règlement sur les uniformes des Inspecteurs aux revues, des commissaires des guerres et
des officiers de Santé, Milan le Département de la Guerre, le 31 janvier de l'an IV.

TITRE I : INSPECTEURS AUX REVUES
Habit en drap écarlate avec la veste et la culotte blanches, habit boutonnant droit avec col droit et parements fermés
vert. Poches en travers à trois pointe, basques non retroussées.
Boutons en argent du règlement français du 1er vendémiaire an XII, 9 boutons devant, 3 aux manches, 3 aux poches,
2 aux plis et 2 au dos.
Chapeau avec poils de chèvre de 6 cm, ganse de cocarde et glands argent. Pas de plumes ou de plumet.
Bottes à l'écuyère pour la grande tenue et à la française à revers fauve pour la petite tenue. Eperons argent.
Petite tenue de drap couleur vert herbe clair avec col et doublure de la même couleur. Parements restant ouverts latéralement par 2 petits boutons et poches dans le splis. Culotte de la même couleur. Les inspecteurs et les sous-inspecteurs peuvent porter la veste et la culotte de coton blanc ou en nankin.
GRADES : le corps sera distingué par un galon argent et le porte de l'écharpe.
Le galon argent sera fait d'une branche de chêne et de palmettes enlacées. L'écharpe aura de sfranges en argent avec
aux deux extémités un galon de 3 cm de haut et une frange de filet de torsades de 8 cm.
INSPECTEUR EN CHEF :
Grand uniforme : galon simple sur le devant, les basques et les plis. Galon double au col, aux parements et aux poches.
Petite tenue et redingote : galon double au col et aux parements.
Echarpe rouge, dragone argent avec torsades.
INSPECTEUR :
Grand uniforme : un seul galon au col, aux parements et aux poches.
Petite tenue et redingote : un seul galon au col et aux parements.
Echarpe bleu-céleste.
SOUS-INSPECTEUR :
Grand uniforme : un seul galon au col, aux parements.
Petite tenue et redingote : un seul galon au col.
Echarpe verte.
Epée à la française avec fourreau noir, ceinturon en cuir noir de 6,2 cm et 2 filets argent. La plaque en argent avec le
même emblême.
Selle à la française en drap écarlate avec galon argent de 6 cm pour l'inspecteur en chef, de 5,5 pour l'inspecteur et
de 5 pour le sous-inspecteur.
TITRE II : COMMISSAIRES DES GUERRES

TITRE III : OFFICIERS DE SANTE
Grand uniforme
en drap vert avec culotte et gilet vert (écarlate pour les chirurgiens) à 11 boutons. La doublure est
également verte. Parements ronds avec 3 boutons, poches en travers à trois pointes et trois noutons, 9 boutons sur le
devant, 1 à chaque flanc et 2 dans les plis de l'habit.
Chapeau avec cocarde tricolore, ganse de cocarde et floches en métal argent.
Bottes hautes.
Bouton en métal argent avec un serpent s'enroulant autour de trois piliers et autour les mots SANITA MILITARE.
Le col de 8 cm de haut sera en velours rouge ainsi que les parements pour les chirurgiens, en velours noir pour les
médecins et en velours vert pour les pharmaciens.
Grades : galon en argent de feuilles de dictame entrelacées avec un serpent dont les larges contorsions courrent sur toute la longueur du galon. La galon est en deux largeurs, une de 3.2 cm et une autre de 2 cm.
Petit uniforme : surtout vert à col renversé et poches dans les plis.
Les officiers de santé peuvent utiliser en été le nankin.
Epée à la française à fourreau noir, ceinturon noir avec plaque en métal blanc.
Directeur de Santé :
- Grand uniforme avec galon de 3.2 cm dans les plis, au dos, et devant. Double galon au col,
parements et poches, le galon de 3.2 cm à l'extérieur et celui de 2 cm à l'intérieur. La veste a un galon de 2 cm.
- Petite tenue : double galon idem au col et parements.
- Dragonne or avec bouillons.
Officiers de santé supérieurs :
- Grand uniforme : un galon de 3.2 cm au col, aux parements et aux poches.
- Petite tenue : un galo de 3.2 cm au col et parements.
Médecins, chirurgiens et pharmaciens de 1ère classe :
- Grand uniforme : 9 boutonnières argent sur le devant, 2 boutonnières argent de chaque côté du col, 3 boutonnières
argent à chaque parement et 3 boutonnières argent sur chaque poche.
- Petite tenue : 2 boutonnières argent de chaque côté du col et 3 sur chaque parement.
- Dragonne avec gland à franges argent.
Médecins, chirurgiens et pharmaciens de 2ème classe :
- Grand uniforme : 2 boutonnières argent de chaque côté du col, 3 boutonnières argent à chaque parement et
3 boutonnières argent sur chaque poche.
- Petite tenue : 2 boutonnières argent de chaque côté du col.
- Dragonne argent avec raie en soie de la couleur distinctive.
Médecins, chirurgiens et pharmaciens de 3ème classe :
- Grand uniforme : 2 boutonnières argent de chaque côté du col et 3 boutonnières argent à chaque parement.
- Petite tenue : 1 seule boutonnière argent de chaque côté du col.
- Dragonne argent avec 2 raies en soie de la couleur distinctive.
Elèves médecins et chirurgiens :
Portent uniquement la petite tenue avec parements vert du fond et col noir ou rouge.
Dragonne en laine ou en soie de la distinctive avec gland argent.
Selle à la française en drap vert avec galon argent de 4.5 cm pour les 1ère classe, 3.8 cm pour les 2ème classe, 3 cm pour les 3ème classe, 5 cm pour les officiers de santé supéreiurs et 5.5 cm pour le Directeur de santé militaire.

01/02/1805 : Message du Palais des Tuileries au Sénat Conservateur
Sénateurs, nous avons nommé notre beau-fils Eugène Beauharnais archichancelier d'État de l'Empire. De tous les actes
de notre pouvoir, il n'en est aucun qui soit plus doux à notre coeur. Élevé par nos soins et sous nos yeux, depuis son
enfance, il s'est rendu digne d'imiter, et, avec l'aide de Dieu, de surpasser un jour les exemples et les leçons que nous lui
avons donnés. Quoique jeune encore, nous le considérons dès aujourd'hui, par l'expérience que nous en avons faite dans
les plus grandes circonstances, comme un des soutiens de notre trône et un des plus habiles défenseurs de la patrie.
Au milieu des sollicitudes et des amertumes inséparables du haut rang où nous sommes placé, notre cœur a eu besoin
de trouver des affections douces dans la tendresse et la consolante amitié de cet enfant de notre adoption; consolation
nécessaire sans doute à tous les hommes, mais plus éminemment à nous, dont tous les instants sont dévoués aux affaires
des peuples. Notre bénédiction paternelle accompagnera ce jeune prince dans toute sa carrière, et, secondé par la
Providence, il sera un jour digne de l'approbation de la postérité.

Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l'aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

01/02/1805 : Lettre du Palais des Tuileries au prince Eugène
Mon Cousin, je vous ai nommé prince et archichancelier d'État. Je ne puis rien ajouter aux sentiments exprimés dans le
message que j'ai envoyé au Sénat à cette occasion et dont copie vous sera adressée. Vous y verrez une preuve de la
tendre amitié que je vous porte, et l'espoir où je suis que vous continuerez dans la même direction à mettre à profit les
exemples et les leçons que je vous ai donnés. Ce changement n'apporte aucun obstacle à votre carrière militaire.
Votre titre est : Le prince Eugène Beauharnais, archichancelier d'État vous recevrez celui d'Altesse Sérénissime.
Vous n'êtes plus colonel général des chasseurs, vous restez général de brigade, commandant les chasseurs à cheval
de ma Garde. Il n'y a rien de changé dans relations ordinaires, si ce n'est que vous signerez : Le prince Eugène.
Vous n'ajouterez votre titre d'archichancelier d'État que dans les affaires qui ressortent de votre dignité ou dans les
affaires officielles.
Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l'aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

17/02/1805 : Lettre de Paris au maréchal Berthier
Donnez ordre au prince Eugène de diriger tout le corps de la Garde sous ses ordres sur Milan. Il laissera à Turin,
stationnés à Stupinigi, un officier et 15 gendarmes d'élite, et un piquet de 60 chasseurs de la Garde à cheval. Prenez
des mesures pour que tous les détachements de ma Garde soient convenablement logés à Milan, et dès leur arrivée
ils feront le service de mon palais. Vous ferez connaître au prince Beauharnais que j'ai nommé Fontanelli gouverneur
de Milan, et que je l'envoie à cet effet pour préparer tout ce qui est nécessaire. Mon intention est que le prince
Eugène soit logé dans mon palais. Tout le service de ma garde sera fait, moitié par la garde italienne du président,
et moitié par les troupes de la garde-impériale
...
Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l'aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

23/02/1805 : Lettre de La Malmaison, au maréchal Berthier
La légion italienne, qui est à l'île d'Elbe, est composée de trois bataillons et ne forme cependant que 1,500 hommes.
Mon intention est qu'elle soit formée à deux bataillons. On choisira les meilleurs officiers; les autres seront supprimés,
et les compagnies seront portées au complet du grand pied de guerre. ...
Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l'aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

16/03/1805 : Lettre de La Malmaison, au citoyen Marescalchi, ministre des relations extérieures de la République italienne
Monsieur Marescalchi, je recevrai demain, à une heure, le vice-président, la Consulte et la députation de la République
italienne en grand costume; je serai sur mon trône, entouré des mes grands officiers. Vous serez introduits par le grand
maître des cérémonies. Le vice-président me fera un discours; après quoi, il me lire le procès-verbal; immédiatement
après, il me le remettra. Je lui ferai alors une réponse, et ensuite vous vous retirerez, accompagné par le grand-maître
des cérémonies. Un quart d'heure après, je ferai appeler dans mon cabinet la Consulte et le vice-président, pour tenir
conseil. Vous aurez soin d'avoir avec vous une minute du statut, en italien et en français sur la même feuille, de manière
qu'il n'y ait qu'à signer. Le lendemain, à deux heures après midi, je me rendrai au Sénat en grande pompe. Je mènerai
dans mes voitures la Consulte, le vice-président et la députation. Je ferai connaître au Sénat les motifs du parti que j'ai
pris. Je recevrai, immédiatement après, le serment du vice-président, de chaque membre de la Consulte et de la
députation, individuellement. Vous aurez soin de rédiger une formule de serment; ce sera vous qui appellerez au serment.
Nous nous retirerons de la même manière; et, lundi au soir, on fera partir des courriers pour faire proclamer les statuts à
Milan et dans toute la République italienne. Pour les détails de l'une et l'autre cérémonie, vous vous concerterez avec
M. de Ségur. Si le vice-président ou un membre de la Consulte veut me haranguer au Sénat, il le pourra faire au moment
de prêter le serment.
Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l'aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

17/03/1805 : Paris RÉPONSE DE L'EMPEREUR A LA DÉPUTATION CHARGÉE DE LUI OFFRIR LA COURONNE D'ITALIE.
Depuis le moment où nous parûmes pour la première fois dans vos contrées, nous avons toujours eu la pensée de créer
indépendante et libre la nation italienne : nous avons poursuivi ce grand projet au milieu des incertitudes des événements.
Nous formâmes d'abord les peuples de la rive droite du Pô en République cispadane, et ceux de la rive gauche en
République transpadane. Depuis, de plus heureuses circonstances nous permirent de réunir ces États et d'en former
la République cisalpine. Au milieu des soins de toute espèce qui nous occupaient alors, nos peuples d'Italie furent touchés
de l'intérêt que nous portions à tout ce qui pouvait assurer leur prospérité et leur bonheur; et lorsque, quelques années
après, nous apprîmes, aux bords du Nil, que notre ouvrage était renversé, nous fûmes sensible aux malheurs auxquels
vous étiez en proie. Grâce à l'invincible courage de nos armées, nous parûmes dans Milan, lorsque nos peuples d'Italie
nous croyaient encore sur les bords de la mer Rouge. Notre première volonté, encore tout couvert du sang et poussière
des batailles, fut la réorganisation de la patrie italienne. Les Statuts de Lyon remirent la souveraineté entre les mains
de la Consulte et des Colléges, où nous avions réuni les différents éléments qui constituent les nations. Vous crûtes
alors nécessaire à vos intérêts que nous fussions chef de votre gouvernement; et aujourd'hui, persistant dans la même
pensée, vous voulez que nous soyons le premier de vos rois. La séparation des couronnes de France et d'Italie, qui peut
être utile pour assurer l'indépendance de vos descendants, serait, dans ce moment, funeste à votre existence et à votre
tranquillité. Je la garderai, cette couronne, mais seulement tout le temps que vos intérêts l'exigeront; et je verrai avec
plaisir arriver le moment où je pourrai la placer sur une plus jeune tête qui, animée de mon esprit, continuera mon ouvrage,
et soit toujours prête à sacrifier sa personne et ses intérêts à la sûreté et au bonheur du peuple sur lequel la Providence,
les constitutions du royaume et ma volonté l'auront appelé à régner.
Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l'aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org

18/03/1805 : Paris Décret sur le Royaume d'Italie
NAPOLÉON, par la grâce de Dieu et les constitutions, Empereur des Français et Roi d'Italie, à tous ceux qui ces présentes
verront, salut.
STATUT CONSTITUTIONNEL (Extrait des registres de la Consulte d'État, du jour 17 mars 1805.)
La Consulte d'État, vu le vœu unanime de la Consulte et de la députation réunies, du jour 15; Vu l'article 60 de la
Constitution sur l'initiative constitutionnelle, Décrète
ARTICLE 1er. - L'Empereur des Français, Napoléon ler, est Roi d'Italie.
ART. 2. La couronne d'Italie est héréditaire dans sa descendance directe et légitime, soit naturelle, soit adoptive, de
mâle en mâle, et à l'exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance, sans néanmoins que son droit d'adoption
puisse s'étendre sur une autre personne qu'un citoyen de l'Empire français ou du Royaume d'Italie.
ART. 3. -Au moment où les armées étrangères auront évacué l'État de Naples, les îles Ioniennes et l'île de Malte,
l'Empereur Napoléon transmettra la couronne héréditaire d'Italie à un de ses enfants légitimes mâles, soit naturel,
soit adoptif.
ART. 4. - A dater de cette époque, la couronne d'Italie ne pourra plus être réunie à la couronne de France sur la même
tête, et les successeurs de Napoléon ler dans le royaume d'Italie devront résider constamment sur le territoire de la
République italienne.
ART. 5. - Dans le courant de la présente année, l'Empereur Napoléon, de l'avis de la Consulte d'État et des députations
des colléges électoraux, donnera à la monarchie italienne des constitutions fondées sur les mêmes bases que celles de
l'Empire français, et sur les mêmes principes que les lois qu'il a déjà données à l'Italie.
NAPOLÉON
MELZI, MARESCALCHI, CAPRARA, PARADISI, FENAROLI, COSTABILI, LUOSO, GUCCIARDI
Sources : La Correspondance de Napoléon 1er avec l'aimable autorisation de Robert Ouvrard du site histoire.empire.org